Comment choisir sa formation pour réussir sa reconversion professionnelle en développeur web ? (Partie 1 : l’avant-formation)

Dernière mise à jour : vendredi 20 mars 2020 (détails).

Ce premier article d’une trilogie a été créé pour aider toutes les personnes en reconversion professionnelle dans le développement web à faire leur choix dans l’immense océan de formations proposées.

À la fin de celui-ci vous trouverez une liste de 12 questions précises à poser à l’organisme de formation qui vous intéresse pour vous assurer qu’il est sérieux et adapté à votre situation.

Vous trouverez aussi une section ce que vous devez retenir de cet article pour les plus pressés d’entre vous.

Ce billet est la synthèse d’une centaines de commentaires en ligne que j’ai compilés et de témoignages téléphoniques recueillis auprès de plus de 30 personnes en situation de reconversion professionnelle dans le développement web.

Merci à toutes ces personnes qui ont pris le temps de témoigner et sans qui cet article n’aurait pas été possible.

Certaines d’entre elles n’avaient pas encore commencé leur formation, d’autres étaient en plein milieu et plusieurs l’avaient déjà terminée.

J’ai donc décidé de faire une trilogie d’articles par ordre chronologique pour vous accompagner tout au long de votre reconversion professionnelle.

Les 3 articles parleront de l’avant-formation (c’est celui que vous lisez), de pendant la formation, et de l’après-formation.

Chacun regorgera de conseils pratiques et d’astuces pour vous aider à réussir votre reconversion. Le tout sera saupoudré de citations anonymes provenant de tranches de vies réelles extraites des entretiens téléphoniques.

Sommaire

  1. Objectif de cet article
  2. Préambule : de quelles écoles et organismes parle-t-on ici ?
  3. Des écoles qui forment en vitesse lumière
  4. Des contenus trop chargés et inadaptés aux débutants
  5. Des formateurs plus ou moins compétents et présents
  6. Le piège de la curiosité infinie
  7. Développer votre logique plus que votre technique
  8. Des diplômes (quasiment) inutiles
  9. La guerre des organismes de formation : une surenchère nécessaire à leur survie
  10. La liste de questions à poser à l’organisme de formation de votre choix
  11. Ce que vous devez retenir de cet article
  12. Conclusion et ressources supplémentaires

Objectif de cet article

L’objectif principal de cet article est de vous donner un aperçu de ce qui vous attend qui soit ancré dans la réalité du terrain et du marché du travail pour pouvoir vous y préparer au mieux.

Je vais casser les mythes et autres fausses idées véhiculées dans les médias et sur internet concernant la reconversion professionnelle dans le développement web.

J’annonce tout de suite : se reconvertir en développeur web n’est pas facile et trouver un premier emploi l’est encore moins.

C’est tout de même possible si on s’y prépare correctement et je vais vous y aider tout au long de ces articles.

Au travers de cette trilogie je souhaite rétablir un peu d’équilibre et contre-balancer l’idée populaire qu’il est simple de se reconvertir dans le développement web et que le marché du travail est rempli d’opportunités plus alléchantes les unes que les autres pour les débutants.

Tout ça est bien loin de la vérité.

Avant de continuer, je me présente rapidement. Je suis formateur JavaScript. J’enseigne la programmation aux débutants complets au travers de ma formation JavaScript de Zéro (coucou le placement de produit 👋).

Cette formation s’adresse aux personnes en reconversion professionnelle qui souhaitent devenir développeur web.

Je suis donc très bien placé pour parler de ce sujet puisque j’accompagne des personnes tous les jours dans leur reconversion professionnelle.

Préambule : de quelles écoles et organismes parle-t-on ici ?

Toutes les écoles et organismes de formation dont je vais parler dans cet article sont appelés des « formations accélérées » (et c’est peu dire !).

Je ne parlerai donc pas des cursus classiques sur plusieurs années (2 ans ou plus) mais bien des formations de quelques mois et même parfois de quelques semaines !

Je ne nommerai jamais aucun nom d’école.

Mon objectif n’est pas de dénigrer ou stigmatiser celles-ci.

Elles ont un intérêt et peuvent être utiles à certaines personnes comme on le verra dans la suite.

Par ailleurs, la qualité d’une formation au sein d’une même école peut varier d’une période à l’autre en fonction des changements de profs ou de nouveaux moyens pédagogiques mis en place.

Elle peut aussi dépendre de la ville où vous la faites pour les écoles de type « franchise » qui sont disponibles dans plusieurs grandes villes de France.

Critiquer ces écoles n’est donc pas pertinent selon moi car elles évoluent.

En revanche, extraire des problèmes plus généraux liées à celles-ci est beaucoup plus intéressant pour quelqu’un qui souhaiterait s’inscrire dans une telle école et c’est ce que je vais faire ici.

Mon objectif est de recadrer le discours biaisé actuel selon lequel il suffit de faire une formation en 3 mois pour se reconvertir dans le développement web.

On va voir que c’est un peu plus compliqué que ça…

Des écoles qui forment en vitesse lumière

Vous les avez vu fleurir un peu partout ces dernières années ces fameuses écoles qui vous forment au métier de développeur web en 5 mois, 3 mois, 9 semaines, 5 semaines… qui dit moins ?

Elles promettent monts et merveilles : acquérir toujours plus de connaissances en toujours moins de temps et devenir développeur web en deux coups de cuillères à pot.

Lorsque l’on connaît le métier de développeur il n’y a qu’à regarder les cursus de formation pour s’apercevoir qu’on marche sur la tête.

Voici un contenu de formation assez classique : vous apprendrez le HTML / CSS / JavaScript / PHP / MySQL en 3 mois seulement (ou moins) !

Soyons très clair, pour un débutant complet, c’est du bourrage de crâne.

Et je ne suis pas le seul à le dire.

Alors bien sûr, certaines écoles ont l’honnêteté de vous prévenir en début de cycle : vous ne serez pas opérationnel en sortie de formation. Vous aurez juste les connaissances nécessaires pour approfondir par la suite.

Et je tiens à remercier ces écoles pour leur honnêteté, même si elles se tirent une balle dans le pied en faisant ça comme on le verra plus tard…

En attendant, faisons un petit calcul, voulez-vous ?

Vous avez 3 mois pour assimiler 5 technologies dont 2 langages de programmation (JavaScript et PHP), 1 langage de balisage (HTML), 1 langage de feuilles de styles (CSS) et 1 langage de requêtes sur des bases de données (MySQL).

En 3 mois, ça fait 2 semaines et demie par langage en moyenne.

Même si on suppose prendre plus de temps sur certains langages plus complexes, ça fait quand même bien peu.

Pour apprendre un premier langage de programmation je conseille entre 6 mois et 1 an environ à plein temps pour un débutant complet.

Alors en si peu de temps, en apprendre plusieurs, ça va être dense…

Vous n’aurez jamais le temps d’approfondir quoi que ce soit en 3 mois, vous allez donc survoler… absolument tout !

Il ne faut pas voir ces formations comme étant la finalité de votre apprentissage mais au contraire comme étant un tremplin vers ce nouveau métier : le plus gros de votre formation reste à faire.

Des contenus trop chargés et inadaptés aux débutants

Pour apprendre un langage de programmation quand on est débutant, il faut non seulement apprendre la syntaxe de celui-ci mais surtout l’algorithmique.

C’est d’ailleurs un domaine complètement négligé dans toutes ces formations.

L’algorithmique c’est l’art de décomposer la solution à un problème en étapes simples qui vont pouvoir être traduites dans le langage de programmation de votre choix.

Décrit de façon très imagée : on part du problème et on écrit la recette de cuisine qui va permettre de résoudre celui-ci.

Si vous vous êtes déjà retrouvé paralysé devant un exercice de programmation en ne sachant pas par où commencer, vous savez de quoi je parle : c’est votre algorithmique qui pêche !

De plus, apprendre plusieurs langages de programmation quasiment en même temps comme c’est souvent le cas dans ces écoles est une très mauvaise idée.

Vous allez mélanger les concepts sous-jacents à chaque langage : c’est l’enfer de s’y retrouver pour un débutant.

On n’a pas le temps de comprendre le concept qu’on passe déjà à un autre ! En plus t’as des concepts qui sont basés sur ceux d’avant !

Il faut du temps pour s’imprégner des concepts liés à la programmation et il faut de la pratique pour se les approprier.

Et ce temps d’assimilation est incompressible.

Par ailleurs ces formations vont vous demander une charge de travail importante en dehors des heures de cours, en un mot : vous aurez des devoirs.

Si vous n’êtes pas concentré à 100% sur votre formation, vous n’y arriverez tout simplement pas.

Dans les bonnes écoles vous aurez des exercices supplémentaires à faire pour pratiquer la théorie, donc n’espérez pas avoir de vie pendant la durée de cette formation : il faudra travailler dur et beaucoup.

Je tiens à passer une petite dédicace à toutes les mères de famille qui se lancent dans ces formations courtes et qui sont capables d’enchaîner une journée de cours, la gestion des enfants puis de 22h à minuit les exercices de programmation et challenges à finir pour le lendemain.

Vous méritez des médailles d’or ! Et c’est un papa de 2 filles de 4 ans et 6 mois qui vous le dit (mes journées n’ont jamais été aussi courtes).

Bref, si vous n’êtes pas préparé, ce sera trop dense et vous sortirez de là la tête farcie jusqu’à ras bord de concepts que vous ne maîtriserez pas et que vous allez oublier très vite puisque vous n’aurez pas eu le temps de les assimiler correctement.

Autrement dit, votre formation n’aura servi absolument à rien.

« À un mois de la fin de la formation. Je me sens pas du tout prêt. »

Mon conseil est donc de vous préparer très fortement en amont de ces formations pour arriver avec beaucoup d’avance sur le sujet et éviter d’être largué au bout de 2 jours.

Résumons donc : on a des formations trop courtes qui enseignent trop de choses d’un coup.

Et du côté des formateurs et de la pédagogie ? Qu’en est-il ?

Des formateurs plus ou moins compétents et présents

Première chose à savoir : trouver des formateurs compétents est plutôt difficile pour une école.

Pour des questions de flexibilité et de qualité, elles emploient souvent des formateurs freelances.

L’avantage d’un freelance c’est qu’il reste en contact avec la technologie et la réalité du travail lorsqu’il effectue des missions pour des clients.

En général, un développeur freelance va faire quelques formations par an et combler le reste avec des missions classiques.

Ça lui permet d’avoir le temps de faire de la veille technologique sur ce qu’il enseigne et donc de mettre à jour ses compétences. Mais ça lui permet également de mettre à jour son contenu pédagogique (cours, exercices, slides) et surtout de se reposer !

En effet, former une promotion demande une quantité d’énergie très importante et un investissement personnel énorme auprès de chaque étudiant pour répondre à leurs questions.

Il est donc important que les formateurs n’enchaînent pas les promos sans repos ni temps morts autrement ils ne seront pas à la pointe de leur savoir ni de leur énergie.

Enfin, chaque formateur est plus ou moins compétents dans un domaine.

Imaginez un formateur qui enseigne le HTML, le CSS, le JavaScript, le PHP et MySQL.

Pensez-vous qu’il peut être expert dans toutes ces technologies à la fois ? J’en doute, à moins qu’il ait 10 ans d’expérience et encore…

Et même si l’on n’a pas besoin d’être expert pour enseigner : pensez-vous qu’il sera capable de répondre à la majorité de vos questions correctement sur toutes ces technologies ?

Sûrement pas !

Il vaut mieux avoir plusieurs profs bien calés dans chaque techno qu’il enseigne plutôt qu’un prof qui fait tout.

Donc si la quantité de technologies abordées dans votre formation est importante, assurez-vous que plusieurs enseignants dispensent la formation.

Dernier point très important, vous devez pouvoir poser vos questions !

Lorsque que j’ai du mal à comprendre. Je n’ai pas d’aide donc j’accumule du retard et un cercle vicieux s’installe…

Votre école doit offrir la possibilité de pouvoir poser des questions aux formateurs en dehors du cours, c’est primordial pour ne pas stagner.

Que ce soit via des tchats en ligne sur Slack, Discord etc. ou par des visioconférences ou par téléphone : il faut vous assurer de pouvoir poser des questions, c’est indispensable pour progresser.

Un bon formateur / mentor saura répondre à 90% de vos questions. S’il ne sait pas répondre, il vous dira où chercher la réponse ou comment la chercher.

Il saura vous guider sans faire le travail à votre place en vous donnant des pistes et des indices pour que vous puissiez chercher et trouver la solution par vous-même.

Favoriser votre autonomie est indispensable car 70% du temps de travail d’un développeur est passé à lire de la documentation ! Donc autant commencer pendant votre formation.

Le piège de la curiosité infinie

Parfois certains formateurs utilisent des supports de cours qu’ils n’ont pas produit eux-mêmes ou sont tout simplement incompétents.

Le support du prof c’était les cours sur OpenClassroom !

Comme ils ne maîtrisent pas leur sujet, ils peuvent avoir du mal à répondre à vos questions.

Vous devrez donc chercher par vous-même sur internet d’autres cours et ressources pour progresser.

Le problème avec cette approche, c’est que vous risquez de tomber sur d’autres façons de faire, d’autres outils, d’autres technologies… et un cercle vicieux peut s’enclencher.

Il existe toujours des dizaines d’alternatives pour faire la même chose en informatique. Et j’aime à dire qu’il existe une infinité de solutions à un problème donné en programmation.

Le problème de creuser d’autres alternatives que celles proposées pendant votre formation c’est que vous allez vous déconcentrer et investir du temps et de l’énergie dans un domaine où vous n’aurez aucun support pour vous aider à progresser.

Vous allez également vous rendre compte qu’il existe des dizaines d’outils et de langages que vous ne connaissez pas et vous allez vous sentir complètement incompétent et submergé par la quantité d’informations qu’il faut ingurgiter pour devenir développeur web.

Cette sensation va venir de deux croyances erronées : la première c’est que vous pensez qu’il faut maîtriser toutes les technologies & outils pour devenir développeur web, ce qui est totalement faux.

Vous n’auriez pas suffisamment de temps dans toute une vie pour tout maîtriser !

La seconde, c’est que pour progresser dans ce métier, il ne faut pas tout apprendre en même temps : c’est tout le contraire !

Il faut commencer petit, en réduisant votre champ d’apprentissage au strict minimum et en mettant de côté volontairement certaines technologies et outils pour y revenir beaucoup plus tard.

Comme le prof est nul, je suis énormément de cours en ligne pour compenser le manque d’approfondissement dans ce type de formation courte mais j’ai l’impression que d’enchaîner les petits projets en suivant un tuto ou un cours en ligne ne me permet pas de comprendre et de m’approprier le langage…

En effet, à faire du saute-mouton tout le temps vous allez vous épuiser et vous démotiver.

Mon conseil : concentrez-vous sur les bases, apprenez un seul langage de programmation à la fois et en profondeur avant d’en changer.

Développer votre logique plus que votre technique

Sans ces fondements vous n’irez pas loin en entretien technique.

Il faut savoir que le langage de programmation importe peu au final, c’est la logique de réflexion qui est derrière qu’il faut acquérir au début.

Et elle, elle se travaille par la pratique et toujours avec le même langage de programmation pour faciliter la compréhension des concepts du langage.

Par ailleurs, une fois que la solution à un problème est décrite, la traduire dans un langage qu’on maîtrise est beaucoup plus simple et fluide.

Donc si vous voulez vous entraîner à acquérir cette logique de réflexion, je vous conseille de ne travailler qu’avec un seul langage à la fois.

Ne vous inquiétez pas, vous aurez tout le loisir d’apprendre d’autres langages de programmation par la suite.

Vous irez d’ailleurs infiniment plus vite à apprendre le deuxième langage que le premier si vous passez suffisamment de temps sur celui-ci pour le maîtriser.

Beaucoup de concepts se retrouvent dans tous les langages : variables, conditions, boucles, fonctions etc. Les maîtriser vous permettra de réutiliser ses connaissances pour apprendre beaucoup plus vite ensuite.

Si vous êtes curieux et avez soif de connaissances, vous avez choisi le bon métier.

Être développeur vous donnera toujours de nouveaux challenges à relever : nouveaux outils, langages, méthodologies, architecture logicielle etc.

Mais lorsque vous débutez, il faut rester concentré sur un tout petit sous-ensemble de technologies car le coeur du métier est assez long à assimiler (logique algorithmique, concepts de programmation).

Une fois que vous serez à l’aise avec ces fondamentaux, vous pourrez vous permettre d’en apprendre plus dans le domaine qui vous intéresse.

Et souvenez-vous que vous êtes en formation pour vous reconvertir, votre objectif est de décrocher un emploi à la sortie de la formation, pas de maîtriser tous les langages de la planète.

C’est grâce à ce premier emploi que vous pourrez continuer à vous former en étant payé !

Autrement dit vous pourrez explorer de nouveaux domaines dans ce secteur en ayant le confort d’un salaire qui tombe chaque mois.

Les écoles l’ont bien compris et mettent souvent en avant le fait de délivrer un diplôme en fin de formation pour se démarquer des concurrents et augmenter vos chances d’embauche ensuite.

Mais est-ce que ce diplôme est réellement utile pour décrocher un premier job ?

Des diplômes (quasiment) inutiles

Le diplôme que certaines écoles vont vous permettre de passer s’appelle un titre professionnel. Il est inscrit au RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles).

Tous les diplômes plus classiques (DUT, licence, diplôme d’ingénieurs etc.) sont également inscrits au RNCP et il existe des équivalences entre les titres professionnels et ces diplômes.

Par exemple, le titre professionnel de développeur web et web mobile, de niveau 5 est équivalent à un BAC+2.

Pour obtenir ce diplôme il faut monter un dossier parfois complexe et passer devant une commission qui va vous poser des questions sur le projet que vous présentez.

Obtenir un entretien avec ce jury relève des fois du parcours du combattant. Certains élèves ne peuvent pas se rendre à l’entretien géré par leur école le jour J et ne peuvent alors pas repasser celui-ci avant très longtemps car ils ne sont plus prioritaires.

Je n’ai pas passé mon titre RNCP à la fin de ma formation, j’ai trouvé que c’était une usine à gaz, j’ai préféré travailler sur des projets pour développer mes compétences. Je n’avais pas envie de m’essouffler là dedans.

En théorie ce diplôme vous offre donc un équivalent BAC+2 dans une discipline donnée.

Il faut savoir qu’une formation accélérée sur le développement web regroupe l’ensemble des leçons liées au développement web d’une formation longue sur 2 ans en seulement quelques mois, d’où l’équivalence.

Par exemple, vous pouvez suivre 400h de formation au développement web en 3 mois alors que vous feriez la même chose dans une formation de 2 ans mais en ajoutant beaucoup d’autres disciplines supplémentaires (langues, juridique, réseau, communication, sport, etc.).

Le problème, c’est que les entreprises ne valorisent presque pas ces équivalences.

Et ça se comprend.

Une personne qui sort d’une formation de 3 mois où elle a appris le HTML / CSS / JavaScript / PHP et MySQL alors qu’elle ne savait pas programmer avant manquera cruellement d’expérience.

En effet, même si la quantité d’heures enseignées reste identique pour les matières concernées entre une formation de 2 ans et de 3 mois, le temps d’assimilation n’est pas du tout le même.

De plus, de nombreuses compétences supplémentaires non négligeables sont enseignées dans les formations longues : l’anglais, la gestion de projet, le travail en équipe, la communication etc.

Par ailleurs, pendant ces 2 ans, vous pouvez créer des projets et pratiquer les langages de programmation que vous avez appris, donc vous faire de l’expérience et explorer un peu plus ceux-ci.

Après 3 mois, vous avez fait 1 ou 2 gros projets dans le cadre de la formation et c’est tout, vous n’avez pas eu le temps de pratiquer les connaissances acquises.

Pour les entreprises donc, vous manquerez d’une chose essentielle pour elles : vous manquerez d’expérience et de pratique sur du long terme.

J’ai posé la question à la plupart des entretiens téléphoniques que j’ai fait et quasiment aucun recruteur n’a demandé à voir le titre professionnel du candidat.

Le peu de personnes que je connais qui ont trouvé un boulot n’avaient pas décroché leur titre RNCP !

Ce titre peut tout de même être utile, pour permettre à une personne de prendre confiance en elle par exemple, ce qui n’est pas négligeable en entretien.

De plus, même si elles sont de moins en moins nombreuses, il y a des sociétés qui utilisent ces diplômes.

Par exemple elles l’utilisent pour filtrer en entrée les candidats qui possèdent le titre et ainsi diminuer le nombre d’entretiens techniques à faire passer pour recruter : c’est une forme de sélection préalable.

La reconnaissance du titre professionnel est pour moi une pratique de moins en moins courante car l’expérience et vos projets personnels primeront davantage sur l’obtention de votre diplôme.

En effet, on le verra dans le dernier article sur l’après-formation : ce qui compte vraiment c’est votre expérience, votre portfolio et votre capacité à vous vendre.

On ne m’a jamais demandé le titre pro, ce qui est demandé c’est de l’expérience.

Si vous ne réussissez pas l’entretien technique, votre diplôme ne vous sauvera pas.

Et si vous passez l’entretien technique avec succès mais que vous n’avez pas le diplôme, ça n’empêchera pas l’entreprise de vous embaucher.

Une seule personne m’a dit que grâce au diplôme elle a pu être embauchée à un salaire plus élevé (basé sur une grille salaire – diplôme). Si vous êtes recruteur et que ce diplôme à de l’importance pour vous, contactez-moi !

En un mot donc : l’utilité du diplôme reste à démontrer.

En revanche si vous avez des diplômes classiques du type DUT, licence, master, diplôme d’ingénieur (peu importe le domaine, tant que c’est une formation longue), vous aurez une longueur d’avance par rapport aux autre candidats.

Pour les entreprises, ces diplômes ont beaucoup de valeur : ils prouvent que vous êtes capable d’apprendre sur une longue période de nouvelles compétences dans un domaine pointu.

Et cette capacité d’apprentissage est une compétence indispensable pour progresser en tant que développeur.

Il sera donc important de les indiquer dans votre CV, même si le domaine n’a rien à voir avec le développement web ! Car ce sera un atout pour vous auprès du recruteur.

Résumons : on a vu que ces organismes de formations accélérées forment trop vite avec des formateurs pas toujours compétents ni disponibles pour délivrer des diplômes pas toujours utiles.

Faut-il pour autant renoncer complètement à ces écoles ? Non bien sûr, elles restent utiles…

Mais le public qu’elles visent n’est pas le bon.

Elles sont adaptées aux personnes qui ont déjà des capacités et compétences et qui veulent juste accélérer leur formation.

Pour moi il ne faut pas parler d’écoles qui proposent une « formation accélérée » mais d’écoles qui « accélèrent une formation ».

Je vous donne un exemple concret : supposons un développeur front-end, il a déjà une bonne connaissance du métier et de la programmation mais il aimerait explorer le backend pour se réorienter dans ce domaine.

Une école avec une formation accélérée lui permettrait de défricher très rapidement les technos du métier et de monter en compétence très vite sur le sujet. Ça lui permettrait d’accélérer sa transition professionnelle.

Mais alors, pourquoi toutes ces écoles s’adressent aux débutants complets alors qu’elles ne devraient pas ?

Les dirigeants de ces écoles n’ont-ils aucun scrupule à vendre du rêve à une audience qui n’est pas la leur ?

Pour avoir discuté avec quelques CEO de ces écoles, la plupart sont bienveillants et veulent réellement vous aider à vous reconvertir.

Le problème, c’est qu’ils font partie d’un système et d’un environnement toxique qui a ses propres règles et dont vous êtes la victime.

La guerre des organismes de formation : une surenchère nécessaire à leur survie

Si les écoles de formations accélérées ont poussé comme des champignons ces dernières années, c’est parce qu’il y a un marché… et lucratif en plus.

Qui dit marché important dit concurrence.
Qui dit concurrence dit marketing.
Qui dit marketing dit client.
Qui dit client dit besoins clients.

Quels sont vos besoins exactement ?

Votre besoin principal c’est de changer de métier rapidement et à moindre coût pour vous assurer une transition rapide et sécurisante (= un job en sortie).

Alors pour comparer les différentes offres qui sont à votre disposition, vous utilisez vos connaissances… qui ne sont pas celles d’un développeur.

Eh oui forcément, puisque vous voulez apprendre ce métier, vous ne connaissez pas encore celui-ci suffisamment pour juger si une école semble adéquate ou pas et combien de temps il faut pour se former.

Ce qu’il vous manque pour juger du bien fondé d’une formation, c’est de voir celle-ci sous le prisme des connaissances d’un développeur.

Le problème, c’est que 99% des clients n’y connaissent rien en développement donc ils sont sensibles aux arguments marketing de ces écoles.

Qu’est-ce qui se passe quand on laisse plusieurs écoles se faire la guerre au niveau marketing avec une clientèle qui ne connaît pas le sujet ?

Eh bien on assiste à des surenchères absurdes et ça donne des pages de ventes comme ça :

  • Nous on vous forme en 6 mois sur HTML / CSS / JavaScript, vous sortez de là vous êtes intégrateur web / développeur front-end
  • Et bah nous on fait mieux ! On vous forme en 4 mois seulement à encore plus de technologies : HTML / CSS / JavaScript / PHP / MySQL, et toc !
  • Bah nous on le fait en 3 mois et en plus on ajoute jQuery, Symfony, React, WordPress et en plus un super diplôme de fou équivalent BAC+2 qui vous assurera un emploi garanti dès la sortie de l’école !
  • Bah nous on fait pareil, mais on ajoute en plus du SEO, des méthodes agiles, Bootstrap et de l’écologie numérique !
  • Bah nous on forme en 9 semaines (parce que dire semaines dans l’esprit c’est encore plus court que des mois) sur des technologies un peu différentes et moins connues mais beaucoup plus cool !

Bref vous l’aurez compris, les écoles doivent attirer des clients pour vivre et tous les coups sont permis.

Si une école fait l’effort d’être honnête en vous disant qu’au bout des 3 mois de formation vous ne sortirez pas de chez elle en étant employable, que va-t-il se passer pour elle ?

Elle mourra. Tout simplement.

Entre une école qui dit vous former avec l’obtention d’un diplôme à la clé, l’apprentissage de plusieurs langages différents et un emploi garanti en tant que développeur web Full Stack en 2 mois et une autre qui vous dit qu’en 3 mois vous ne serez pas employable, vous aurez vu moins de technologies et vous ne serez « que » développeur front-end, qu’allez-vous choisir ?

La première évidemment.

Et ce n’est pas parce que vous êtes un pigeon.

Vous êtes intelligent, vous savez qu’il y a de la demande dans ce métier mais vous n’avez simplement aucun recul sur celui-ci et aucune référence à laquelle vous raccrocher pour effectuer un jugement objectif.

Ajouter à tout ça qu’il n’existe absolument aucune règlementation ni loi encadrant la façon dont est mesuré le « succès » de ces écoles.

Il n’est donc pas rare de voir des taux de réussite de 90 % sur les brochures de certaines écoles alors que la réalité est bien moindre.

Pour éviter le bullshit des écoles et essayer de décortiquer le vrai du faux, je vous invite à vous renseigner auprès des alumni (anciens élèves) de ces écoles pour savoir ce qu’il en est dans la « vraie vie ».

Première étape : consultez les forums ou tchats de ces écoles pour lire les avis et discuter avec les élèves en cours de formation.

Lisez les mauvais avis ET les bons avis pour vous faire une image globale de l’école (points forts et points faibles).

Deuxième étape : cherchez les contacts d’anciens élèves qui ont réussi à se former et à trouver un emploi en sortie de formation.

Sur Twitter, recherchez « alumni @école » ou « étudiant @école » ou encore « student @école » et sélectionnez l’onglet Personnes. Sinon regardez les abonnés aux comptes Twitter de ces écoles ou faites une recherche du hashtag #école.

Sur Linkedin il vous suffit de chercher le nom de l’école et de regarder directement la rubrique « Anciens élèves ». Faites une demande de contact aux profils intéressants pour pouvoir discuter ensuite avec eux.

Le téléphone est le meilleur moyen de communication pour avoir des réponses à chaud et plus authentiques que l’email ou les messages instantanés qu’on peut rédiger et corriger à loisir donc privilégiez un contact téléphonique.

Dernière étape (et c’est là qu’est l’astuce) : demandez-leur des nouvelles de leurs collègues de promo ! Vous vous apercevrez peut-être que la majorité des élèves n’a pas trouvé de boulot dans sa promo et qu’il est l’exception.

En effet, la plupart du temps, pour gonfler les chiffres de réussite dans ces écoles, elles comptent comme étant un succès certains parcours qui ne devraient pas l’être.

Par exemple : l’étudiant s’est mis en freelance mais n’a aucun client, l’étudiant a trouvé un stage de 3 mois après la formation mais n’a pas été embauché après, l’étudiant a retrouvé un emploi mais pas dans développement web !

Comme il n’y a pas de lois ni d’encadrement à ce sujet, tout est permis.

Et croyez-moi les chiffres des réelles reconversions professionnelles sont très faibles pour toutes les raisons qu’on a déjà vu dans cet article.

C’est pour ça que les insultes volent envers ces écoles, on dit de ces organismes que ce sont des vendeurs de rêves.

Malheureusement pour eux, ils sont pris en étau par les lois du marché et de la concurrence.

Au final, ces formations offrent sur un plateau d’argent ce que veulent les gens mais pas ce dont ils ont réellement besoin. C’est l’effet marketing dans toute sa splendeur !

La concurrence des écoles entre elles oblige celles-ci à tirer les durées vers le bas en ajoutant toujours plus de contenu : c’est le fameux argument « on vous en enseigne toujours plus en moins de temps que les autres ».

Alors que ce dont ont vraiment besoin les personnes en reconversion professionnelle, c’est d’une formation longue (6+ mois), très ciblée, couplée à des partenariats réels et concrets avec des entreprises qui ont un besoin spécifique de développeurs.

C’est pour ça que je recommande 2 choses :

Si vous optez pour ce genre de formation courte, optez pour la formation la plus longue possible !

Deuxième point, optez pour la formation qui enseigne le moins de langages et de technologies à la fois. Préférez maîtriser moins de technologies que survoler plus de technologies.

Si vous pouvez trouver une formation en alternance, là c’est carrément royal (mais c’est plus difficile à trouver).

Autrement dit, prenez le contrepied des messages marketing !

Ils vous disent : « on vous forme vite sur beaucoup de choses », vous devez acheter « on vous forme sur la durée, sur peu de choses ».

Il faut chercher à maîtriser en profondeur les connaissances acquises plutôt qu’à survoler beaucoup de technologies différentes.

Pour vous aider à dépister si un organisme est sérieux et adapté à vos besoins, voici une liste de questions à lui poser.

La liste de questions à poser à l’organisme de formation de votre choix

Si vous pensez que vous allez ennuyer la personne au bout du fil en posant ces questions ou si elle vous dit que ça l’ennuie de répondre à toutes vos questions : rappelez-vous que vous allez débourser plusieurs milliers d’euros pour une formation au retour plus qu’incertain.

Vous êtes donc en droit de vous renseigner avant de signer !

Voici la liste des questions à poser avec mes commentaires sur l’intérêt de chaque question :

  1. Quelle est la durée exacte de la formation (et du stage s’il y en a un) et les horaires quotidiens de formation ?

    Plus la durée de formation est longue mieux c’est. Pareil pour le stage, privilégiez un stage long (>= 3 mois), on verra pourquoi dans le 3e article de cette trilogie.
  2. Est-ce qu’il y a du travail à faire à la maison ? Si oui combien de temps ça peut prendre chaque soir ?

    Permet de vérifier qu’il y a bien des exercices à faire (gage de qualité de la formation) et que les horaires correspondent à vos contraintes personnelles (vie de famille, vie privée).
  3. Quelles sont les ressources que vous me conseiller de regarder avant de commencer la formation pour me préparer à la rentrée ?

    Ces ressources vont vous permettre de prendre de l’avance et d’éviter d’arriver les mains dans les poches et d’être largué dès le 1er jour !
  4. Quelle est la liste précise de toutes les technologies / langages qu’on va apprendre ?

    Il faut que cette liste soit cohérente avec le métier visé et qu’il n’y ait pas trop de technologies, comptez 1 technologie pour 1 mois de formation minimum, certaines prennent plus de temps que d’autres mais c’est un ordre d’idée d’une moyenne.
  5. Quels sont les moyens de contacter les enseignants lorsque j’ai une question à poser en dehors du cours ?

    Indispensable ! Il faut au moins un accès par tchat direct par exemple ou par téléphone sinon vous allez stagner.
  6. Combien y a-t-il d’enseignants dans la formation et combien de promotions font-ils chaque année ?

    Permet de savoir si vous allez tomber sur un enseignant qui fait tout (généraliste) ou sur des personnes plus pointues dans leur domaine. C’est mieux quand il y a plusieurs enseignants. Pour le nombre de promotions / an, il s’agit de savoir s’ils ont du repos pour mettre à jour leur contenu pédagogique et leurs compétences entre chaque session.
  7. Combien d’élèves sont présents en moyenne dans chaque promo ?

    Plus la promo est grosse (> 15), moins ce sera facile pour vous à cause de l’inertie de groupe. On le verra dans le prochain article.
  8. Comment puis-je contacter vos alumni (anciens élèves) ?

    L’objectif est d’avoir les retours d’une personne (si possible au téléphone, c’est mieux) pour savoir comment s’est passée la formation et d’obtenir ensuite les contacts de ses copains de promo. Appelez les copains de cette personne pour savoir où ils en sont… vous aurez sûrement des surprises.
  9. Avec combien d’entreprises êtes-vous partenaires pour faciliter l’obtention de stages / postes par vos étudiants en sortie de formation ?

    L’objectif ici est de coupler le nombre d’étudiants de la promo avec le nombre d’entreprises partenaires. En général, la taille de la promo excède toujours le nombre de postes à pourvoir, vous indiquant que ça ne sera pas facile de trouver du boulot en sortie. On en parlera en détails dans le dernier article.
  10. Est-ce qu’il y a une partie dans la formation qui nous prépare aux tests d’embauche (tests techniques) ?

    Ici il faut savoir si vous allez vous entraîner aux tests techniques qui sont une compétence à part entière dans la recherche d’un emploi. On le verra plus en détail dans le dernier article.
  11. Est-ce que votre formation délivre un diplôme ? Si oui, quel est son niveau et l’équivalence BAC+N ?

    Un titre professionnel peut être utile pour certains entretiens, même si c’est de moins en moins le cas selon moi. En général le diplôme délivré est de niveau 5 et équivaut à un BAC+2 (équivalences ici).
  12. Est-ce qu’une personne nous accompagne pour nous aider à rédiger / relire notre CV, monter un portfolio et apprendre « à se vendre » en fin de formation ?

    L’objectif est de savoir dans quelle mesure vous serez accompagné en sortie de formation pour trouver un boulot, par qui, et pendant combien de temps serez-vous accompagné ?

Ce que vous devez retenir de cet article

Merci de lire l’article complet pour comprendre les nuances des points listés ci-dessous :

  • On ne devient pas développeur web en 3 mois en partant de zéro, c’est strictement impossible, c’est juste un tremplin pour faire décoller sa carrière.
  • En 3 mois de formation vous risquez de survoler beaucoup des technologies que vous allez voir puis les oublier tout aussi vite.
  • N’apprenez qu’un seul langage de programmation à la fois pour éviter les confusions de concepts.
  • Le temps d’assimilation des concepts liés à la programmation est incompressible, il faut pratiquer bien plus de 3 mois pour commencer à être performant.
  • Si vous n’êtes pas concentré à 100% sur votre formation pendant toute sa durée vous n’y arriverez pas, ça doit être votre priorité n°1 dans votre vie.
  • Restez concentré sur quelques technologies au début, ne vous dispersez pas, vous aurez tout le temps d’apprendre les autres plus tard.
  • L’utilité des diplômes délivrés par les formations courtes reste à démontrer. En revanche si vous avez un diplôme de type DUT, licence, master, diplôme d’ingénieur, peu importe le domaine, mettez-le en avant sur votre CV, ça vous aidera.
  • Les formations accélérées sont souvent mal perçues par les entreprises car vous sortez de l’école sans aucune expérience (ou bien trop peu).
  • Les écoles proposant des formations accélérées ne visent pas le bon public : elles visent les débutants complets au lieu de développeurs qui ont déjà un peu d’expérience.
  • Les écoles se font une guerre de marketing pour récupérer les nouveaux clients, il ne faut pas croire les chiffres qu’elles revendiquent ni les promesses qu’elles vous font, vous devez investiguer.
  • Si vous choisissez une formation courte, prenez celle qui est la plus longue possible (oui oui, la formation courte la plus longue possible !) et qui enseigne le moins de technologies possibles (oui vous avez bien lu ! J’ai bien dit le moins, pas le plus).
  • Assurez-vous de poser les questions dans la liste ci-dessus pour en savoir un maximum sur l’école avant de vous engager.

Conclusion et ressources supplémentaires

Réussir à sélectionner une école sans tomber dans le piège du marketing est plutôt difficile quand on n’y connaît rien en développement web.

J’espère qu’avec ce premier article je vous ai donné des pistes de réflexion et des actions concrètes à entreprendre pour sélectionner la bonne école pour votre situation et pour réussir votre reconversion professionnelle.

N’hésitez pas à partager vos astuces et à apporter vos témoignages en commentaires, je suis ouvert aux critiques constructives.

Je sais que mon analyse reste partielle mais j’espère avoir pu dégager les points essentiels vous permettant de vous préparer au mieux à entrer dans ce type de formation.

Néanmoins, il reste difficile de décrire la situation parfaitement tant elle bouge au fil du temps et tant elle est complexe.

Je serai donc ravi d’intégrer de nouveaux commentaires et témoignages supplémentaires pour enrichir cet article et le rendre un peu plus fidèle à la réalité d’aujourd’hui.

J’espère que vous serez nombreux à apporter vos témoignages constructifs en commentaires, merci d’avance !

Dans le prochain article, vous verrez comment faire pour mettre toutes les chances de votre côté pour maximiser votre retour sur investissement pendant votre formation.

En ressources supplémentaires, je vous invite à regarder les 2 vidéos suivantes et surtout à lire les commentaires sous celle-ci :

Enfin, n’hésitez pas à partager le lien vers cet article sur les réseaux sociaux de votre choix si vous pensez qu’il peut aider une personne en reconversion professionnelle dans votre entourage.

Amicalement,
Jérémy.


Mise à jour du vendredi 20 mars 2020

Ajouts effectués lors de cette mise à jour :

  • Il faut voir ces formations comme des tremplins vers un nouveau métier, pas comme des formations « finales » mais vraiment comme le début de votre carrière
  • Liste des avantages d’avoir des freelances comme profs au lieu de personnes qui ne font que de la formation à temps plein (chapitre sur les formateurs)
  • Il vaut mieux avoir plusieurs profs qu’un seul
  • Il vaut mieux avoir des profs qui ne font pas toutes les promos car ils vont être épuisés et n’auront pas le temps de mettre à jour leurs compétences ni leurs contenus pédagogiques
  • Une formation accélérée équivaut en nombre d’heures à ce que vous auriez appris sur ce domaine particulier dans un diplôme classique plus long sur 2 ans par exemple d’où l’équivalence BAC+2
  • Les titres professionnels peuvent être parfois utiles pour une augmentation de salaire s’il est basé sur une grille salaire – diplôme (1 seul témoignage à ce propos)
  • Demander les contacts des anciens élèves d’école ne peut être fait pour des raisons de vie privée, ajout de solutions via Twitter et Linkedin pour trouver des anciens élèves soi-même !
  • Amélioration de la formulation des 12 questions à poser
  • Corrections de fautes de frappe, de tournures de phrases et de formatage

Vous apprenez le JavaScript sans aucune expérience en programmation ?

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Des bases de la programmation jusqu'à l'obtention de votre premier job, cette formation vidéo complète en français vous permettra de devenir développeur web.

14 replies on “Comment choisir sa formation pour réussir sa reconversion professionnelle en développeur web ? (Partie 1 : l’avant-formation)”

  1. Excellent article totalement réaliste.
    Si vous faites une formation de ce style prepapez vous très serieusement en amont. Notamment sur js vanilla et l’algorithmique.
    Apprendre le js en 2 semaines pour un total débutant c’est pratiquement impossible et c’est ce que l’on vous propose dans ces formations.
    Je vous conseille aussi d’avoir eu le temps d’appréhender nodjs, sql etc etc.
    L’auteur de l’article a totalement raison, ces formations ne sont pas adaptées aux debutants.
    Une accumulation de connaissance mais au final on comprend pas grand chose. Je regrette car je me suis un peu dégoûté, je vais reprendre tranquillement en autodidacte à mon rythme. Ne faites pas mon erreur, ne gaspillez pas votre motivation et votre argent bêtement dans ce genre de formation si vous n’êtes pas prêt…

    1. Merci beaucoup Arno pour ton témoignage !

      Effectivement, se préparer très fortement en amont est indispensable, merci d’avoir partagé ton expérience et j’espère que tu vas reprendre goût à la programmation car c’est vraiment un métier très intéressant !

      1. Que se passe-t-il Céline ? Pourrais-tu partager ton expérience avec nous ? Ça pourrait aider d’autres personnes à éviter les problèmes que tu rencontres ou que tu as rencontré ? Merci.

  2. Hé béh ! C’est ce qu’on appelle un article conséquent qui a le mérite d’être complet ! 🙂 … en attendant la suite.
    Très intéressant, j’aurais aimé tomber sur ce genre d’articles quand j’ai commencé à m’intéresser au développement web il y a un an.

    Pour partager ma modeste expérience, quand je me suis mis en tête de me renseigner sur le métier de développeur, je me suis dit :

    « voilà qui doit être intéressant, créatif, et va me permettre de développer de nouvelles compétences, et me changer de mon travail d’employé de bureau ‘classique’ … vu que je travaille déjà toute la journée devant un ordi, cela pourrait être une suite logique … donc plus qu’à apprendre LE code !  » 😀

    Oui, car quand on est débutant complet, vu de l’extérieur, ça parait simple : doit y avoir un langage et basta.
    Puis on commence à se renseigner auprès de son ami Google : HTML, CSS, PHP, JavaScript, Python, SQL, C++, C, C#, React, Angular, Django, Perl, Node, Objective-C, etc, etc, etc … o_O’
    Et là, le désarroi du Noob : Kézako que tout ça ? Je pense que l’on devrait passer déjà pas mal de temps au début à essayer de défricher quel langage sert à quoi, avant de vraiment se lancer dans un apprentissage quelconque, ce qui éviterait une perte de temps.
    Personnellement, je me suis laissé prendre au jeu de la surenchère : j’ai commencé en découvrant Udemy, et ai acheté une cargaison de formations en profitant de leurs (trop) nombreuses campagnes de promotions. C’est à la fois gratifiant d’avoir l’impression de faire une affaire en achetant une formation à prix cassé, et en même temps complètement contre-productif sachant que l’on n’aura JAMAIS le temps de s’y consacrer concrètement … je n’ose même pas avouer le nombre de formations que j’ai achetées, pensant qu’il était nécessaire que j’ingurgite un maximum de choses !

    J’ai donc commencé par du simple HTML/CSS, puis enchaîné sur un projet de jeu du serpent en JavaScript … qui m’a un peu dégoûté du JavaScript, car vu la difficulté du projet, j’ai été très vite complètement largué, bien que j’ai mis un point d’honneur à terminer ce projet (sans le comprendre !)
    J’ai bifurqué vers du PHP avec Grafikart (très bon site), mais le langage ne m’a pas + emballé que ça , je ne saurais dire pourquoi, et ai basculé ensuite sur du Python, car j’étais attiré par la simplicité du langage, et je crois qu’à ce moment j’avais besoin de me poser avec quelque chose de + simple à apprendre.

    Dans l’intervalle, je m’étais un peu renseigné sur une école de formation de courte durée, le Wagon, qui propose des sessions de 9 semaines pour 6000 €, si je ne m’abuse, avec à la clé des diplômes équivalent à des bacs + 3.
    J’avoue avoir été attiré un moment par le côté « acquisition de savoir à la vitesse de la lumière », mais j’ai été rebuté d’une part par le côté « gavage des oies » que me semblait être ce type de formation, et également par le prix élevé.
    De toute façon, je ne pense pas qu’il existe de formation « type » qui conviennent à tout le monde, cela dépend en fait de son profil … j’aurais peut-être tenté le wagon si j’avais eu 20 ans, chez papa/maman, avec tout le temps libre dont dispose un Tanguy (mais avec le problème du financement, car à 20 ans, on n’a pas un rond !) … A la quarantaine avec une vie de famille à gérer et un emploi à plein temps derrière, vous n’avez pas du tout le même temps à consacrer à votre projet de reconversion.
    Pour situer où j’en suis actuellement : je me suis inscrit depuis peu à la formation JavaScript de zéro (placement de produit … mais je ne touche aucune commission dessus:) ) , car j’avais besoin de pouvoir me reposer sur une formation plus cadrée, et de me recentrer sur une techno, pas 36. J’ai mis Python en suspens, bien que je garde pour projet d’en poursuivre l’apprentissage, étant un langage qui me plait (mais j’ai commencé à caler sur des concepts de métaclasses un peu abscons o_O’).
    Repartir sur du JavaScript me permet en + de consolider des concepts appris sur d’autres langages, car il est vrai qu’il y a pas mal de similitudes dans les langages (jusqu’à une certaine limite)
    Bref, je prends grand plaisir le soir à me plonger dans les cours de Jérémy. Disons que j’ai trouvé un rythme (au bout d’un an, il était temps !). Je complète cette formation par des cours sur Javascript sur Udemy et Openclassrooms que je prends en complément et qui me permettent d’apprendre des concepts enseignés d’une autre façon, ce qui est toujours intéressant. J’ai aussi un bouquin ou 2 sous le bras, car je suis d’une génération qui a eu l’habitude d’apprendre à travers le livre.
    Voilà pour mon expérience, si ça peut aider. Désolé pour la longueur du message !

    1. Salut Arni et merci pour ton message !

      Je suis content que tu me dises que t’aurais aimé tomber sur un tel article avant, c’est justement pour ça que je l’ai rédigé car je pense que tu n’es pas le seul dans ce cas là.

      Merci beaucoup d’avoir pris le temps de partager ton expérience en profondeur, tu as touché à de nombreux langages différents pendant ton aventure.

      Je suis content que tu te sois fixé sur un seul langage aujourd’hui. C’est la seule façon pour moi de progresser au départ quand on débutant. Il faut rester concentré.

      J’espère que ma formation t’apportera ce dont tu as besoin pour refonder des bases solides et repartir du bon pied.

      Très bon conseil sur les livres, c’est une excellente idée également !
      Merci pour tous tes retours.

      À très bientôt dans ma formation ;-).

  3. Bonjour Jérémy,
    Je te remercie pour ton article qui est très pertinent et je pense qu’il tombe bien au vu du nombre de personnes qui veulent se reconvertir professionnellement.
    De ma situation, reconversion professionnelle, mis à part travailler dans les télécoms, je n’ai aucune connaissance du développement web sauf aujourd’hui car je me suis mise à coder, il y a 9 mois de ça, avec les cours que l’on peut trouver sur internet dont les tiens 🙂
    Plus en avance dans le temps, plus je me rends compte que le chemin à parcourir sera long et difficile et que je ne deviendrais pas développeuse en si peu de temps, alors mon plan d’action serai le suivant: Pour rentrer dans une école qui propose un cursus beaucoup plus long (entre 12 et 24 mois, selon profil candidat) avec alternance, il faut un minimum de connaissance dans le domaine, du coup je me suis dit que l’école que je ferais en 5 mois, me permettra peut être d’avoir les notions nécessaire pour intégrer « la Grande Ecole ».
    Je n’ai pas eu la chance d’aller loin dans les études plus jeune, aujourd’hui je peux le faire, l’Etat le permet et des centres de financements également, du coup, je fonce!! A bientôt Jérémy 🙂

    1. Salut JVCoding, merci pour ton message.

      Le parcours est long et sinueux, mais je suis sûr que tu vas y arriver.

      Utiliser une école de formation rapide comme tremplin pour intégrer un cursus plus long est une bonne idée.
      Mais attention renseigne-toi bien au niveau de la « grande école » si c’est un profil qui les intéresserait avant de te lancer !!

      Tu peux leur demander : « je compte faire telle école en 5 mois avant d’intégrer la vôtre, est-ce que vous pensez que mon profil pourrait intégrer votre école ensuite ? ».

      Bon courage !

  4. Bonjour Jeremy,
    J’ai beaucoup apprécié ton article et qui permet de mettre en garde sur les promesses fabuleuses que nous font ces écoles.
    Lorsqu’on envisage une reconversion, il faut bien réfléchir et ne pas se lancer à la légère, on peut même dire qu’on a pas vraiment le droit à l’erreur car on quitte souvent un emploi et on a souvent une famille qui dépend de nos choix.
    En ce qui me concerne, je suis comptable depuis près de 15 ans et je m’ennuie profondément dans ce que je fais.
    J’ai découvert le monde du dev il y a maintenant 6 mois et j’ai eu le coup de foudre. J’ai commencé à suivre des youtubeurs tel que Mike Codeur, Antho Welc, Benjamin Code et je me suis dis pourquoi pas moi.
    J’ai donc envisagé de faire une formation courte en 6 mois dans un organisme de formation et ai monté un dossier de financement fongecif qui m’a été refusé car je ne suis pas un public prioritaire : je travaille dans un grand groupe et suis surdiplomée selon eux (j’ai une licence en compta que j’ai obtenu en candidat libre).
    Mais je pense que ce refus est un mal pour un bien!
    Aujourd’hui j’ai commencé la formation développeur Web d’OC et elle me convient bien mieux car il propose effectivement la préparation d’un titre RNCP en un certain temps mais par la création de projet et c’est à nous de suivre les cours. De plus, ils indiquent bien que l’on doit faire des recherches par nous-même ce qui apprend l’autonomie et nous sommes suivis par un mentor qui nous guide dans les différents projet et nous donnent des pistes d’apprentissage.
    Ils proposent différentes formations en fonction du langage et cela permet de ne pas se disperser.
    Pour ma part, j’apprends JS et son environnement que je trouve passionnant.
    Et apparemment j’ai fort à faire rien qu’avec ce langage 😉
    J’aime le fait de devoir réaliser 7 projets en 6 mois, car cela m’oblige à me structurer dans mon apprentissage.

    Comme tu le souligne si bien, les formations courtes sont chronophage mais ce système de formation me convient bien mieux car me permet de me former tout en continuant à travailler et m’occuper de ma petite famille (j’ai 2 enfants).

    J’espère que mon commentaire pourra aider d’autres personnes.
    Je précise que j’apporte simplement mon témoignage et que je n’ai aucune affiliation avec OC.

    Merci Jeremy
    Hâte de lire la suite

    1. Bonjour Samira,

      Merci beaucoup pour ton témoignage !

      Je suis sûr qu’il aidera d’autres personnes dans ta situation à prendre une décision adaptée.

      Effectivement les formations courtes sont très pratiques pour se former rapidement tout en continuant à travailler sans empiéter sur sa vie de famille. Le fait de pouvoir suivre les cours de chez soi comme c’est le cas avec OC permet d’être très flexible sur ses horaires et d’aménager son temps personnel au mieux.

      Encore merci d’avoir pris le temps de partager ton expérience positive avec ces écoles !

      Bon courage pour la suite, ne lâche rien :).

  5. Bonjour Jérémy,

    Merci beaucoup pour cet excellent article, un des meilleurs que j’ai lus sur les formations Web. Et j’en ai lu un certain nombre.. Ton analyse sur le fait que l’on est biaisés quand on choisit une formation courte, car l’on n’a pas les clés de lecture d’un développeur, est très bien vue.

    J’ai pour ma part suivi pas mal de formations en ligne, sans toujours aller jusqu’au bout (car mon job actuel est ma petite famille prennent du temps..), et suivre une formation quelle qu’elle soit était pour moi une évidence pour être davantage cadré dans mon apprentissage (et coder de vrais projets à plusieurs, etc.).

    J’ai eu la chance de suivre un premier bootcamp de 3 mois, et vais en faire un autre dans quelques jours de 2 mois. Le premier m’a appris plein de choses au delà de la découverte de quelques langages, et même si c’était bourrin: gestion du terminal, coder un site en équipe avec utilisation de git et github, etc.
    Je pense donc que le 2ème bootcamp sera encore bien mieux car j’ai de bonnes bases.

    Donc je te rejoins : pour suivre un bootcamp et en recueillir un maximum de fruits, apprendre un maximum de choses avant, coder des projets, etc.

    Bon courage à tous, et vive le code !

    1. Salut Frédéric, (ça me fait plaisir d’avoir un peu de tes nouvelles !)

      Merci beaucoup pour ton message et ton témoignage.

      Tu devrais apprécier encore plus que le 1er ton 2e bootcamp vu que t’auras une longueur d’avance !
      J’espère qu’il t’apportera tout ce que tu recherches avant de te lancer dans le grand bain :).

      Au plaisir d’échanger à nouveau après ton 2e bootcamp !

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